Ituri: deux forces mutualisées FARDC-UPDF, chacune avec son ennemi à part dans le Djugu?

|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Dans la province de l’Ituri, le territoire de Djugu est l’un des plus vibrants par les activités de rébellions.
Dans leur diplomatie, les Etats congolais et ougandais avaient convenu d’un travail militaire en commun, celui de mutualisation d’efforts pour combattre les Forces démocratiques alliées (ADF), de prime abord, dans le territoire d’Irumu. La mission sera ensuite étendue sur d’autres zones, en l’occurrence dans le territoire de Djugu où les ADF auraient conclu un pacte avec la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO).
Et c’est quoi le problème ?
De cette synergie d’efforts militaires impliquant les Forces armées de la République démocratique du Congo et les Uganda People’s Defence Forces, la convergence FARDC-UPDF – particulièrement dans le Djugu – semble non existante.
Dès son déploiement sur le territoire de Djugu, UPDF, elles, c’est la CODECO [milice d’obédience Lendu] qu’elles tiennent à l’oeil. De l’autre part, les FARDC, elles, déploient sa plus grande énergie présentement sur les groupes rebelles Zaïre, Mapi, Autodéfense, et surtout pour l’instant, la CRP (Convention pour la Révolution Populaire). Tous d’obédience hema.
Rappel des faits
«Des centaines de militants Lendu lourdement armés combattant sous les ordres de la CODECO – la Coopérative pour le Développement du Congo – ont attaqué … un groupe de combat de l’UPDF stationné à Fataki, dans l’Est de la République Démocratique du Congo pendant deux jours consécutifs pour tenter de les déloger et ont échoué», avait annoncé le média de UPDF, le 21 mars 2025.
Poursuivant:
«Les milices ont attaqué la force de blocage de l’UPDF mercredi et jeudi lors de raids matinaux (18-19 mars 2025) mais ont été repoussées à chaque fois, le groupe subissant de lourdes pertes au cours du processus. 31 miliciens ont été tués au combat mercredi et 211 autres sont morts jeudi matin».
Constat des faits
Depuis le déploiement des UPDF, notamment dans le territoire de Djugu en mars 2025, nulle part ces dernières n’ont initié un raid contre les milices Zaïre, Mapi, Autodéfense, moins encore la CRP.
La CODECO dont la férocité a amené à la proclamation de l’état de siège en Ituri, était au départ un mouvement à défaire rapidement par les FARDC, en raison de l’impitoyabilité de ses massacres perpétrés sur plusieurs centaines de population, principalement des femmes et des enfants depuis 2017 jusqu’à nos jours. Des villages entiers sont incendiés, pillés et détruits.
Aujourd’hui, un revirement inédit s’observe. L’église catholique de Bunia via ses prêtres séculiers voit un «mariage criminel» scellé entre FARDC-CODECO: les loups ne s’entre-mangeront plus. La proie de l’alliance est ailleurs.
Comme la CODECO peut librement opérer au vu et au su des loyales Forces armées congolaises, pareillement la CRP et ses frères d’obédience, jouiraient de la bénédiction des UPDF. Bref, c’est une histoire de parrainage impliquant d’une part, les forces gouvernementales RD. Congolaises et de l’autre, les forces étrangères sur le territoire congolais (dont Djugu).
Qui faut-il désarmer en faveur de la paix ?
Le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRC-S) dont l’objectif est de s’occuper des ex-combattants ayant accepté de déposer les armes, essuie une bouderie des rebelles. Déposer cinq, six, sept armes ne represente rien au regard de l’ampleur et durée des conflits dans l’Ituri dont les groupes armés s’accroissent en nombre du jour au lendemain. L’état de siège n’en a pas endigué un seul – depuis quatre ans.
Ituri inaperçu aux regards mondiaux
Les mainmises de ressources naturelles de l’Ituri sont importantes. Par contraste, les tueries de masse n’y feraient pas grand-peine ! Seules les communautés victimes doivent crier leur peine – parfois, annihilée par des complices provinciaux, nationaux et internationaux, … profiteurs se voilant la face. Pendant ce temps, les conflits dans les deux Kivus ou d’ailleurs semblent toujours bénéficier de plus de considération visant leurs résolutions que ceux de l’Ituri, pourtant depuis près de dix-ans.
Seules exceptions, – dans leurs démarches en faveur de la paix – c’est la CENCO-ECC et aussi Olusegun Obasonjo (l’un des facilitateurs du processus de paix en RDC) qui, de par leur sagesse, ont eu, tour à tour, à prouver leur considération envers la crise socio-sécuritaire de l’Ituri, et sont allés à la rencontre du chef rebelle de la CRP à Kampala (Ouganda). Et, encore bientôt la Fondation Thabo Mbeki qui s’alignera sur le même ordre au travers de ses invitations adressées à plusieurs acteurs congolais dont Thomas Lubanga – aux côtés de Kabila, Katumbi, Fayulu, Kikuni, Nyamwisi, Nshole, Nsenga, … qui devraient se déplacer en Afrique du Sud dans le cadre d’une Conférence de paix et de sécurité, du 03 au 06 septembre 2025.
«Votre participation permettra d’éclairer non seulement les débats nationaux, mais également les décideurs africains réunis à Johannesburg», peut-on lire cet extrait d’invitation de la Fondation Thabo Mbeki sur Jeune Afrique.
