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Ituri-Komanda: déplacement massif des habitants après une attaque meurtrière des ADF

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Le centre commercial de Komanda, situé à 75 kilomètres au sud de Bunia dans le territoire d’Irumu, est désormais plongé dans un calme pesant. Depuis la nuit du samedi 26 au dimanche 27 juillet, cette localité connaît un départ massif de ses résidents, cherchant à échapper à la terreur provoquée par une offensive sanglante imputée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

D’après plusieurs témoins sur place, plus de la moitié des habitants ont déserté la ville depuis l’attaque survenue aux alentours de minuit. Les quartiers les plus exposés sont Base, Zunguluka, Umoja et Ngombenyama qui sont presque déserts. Des milliers de familles quittent leurs domiciles, certains se dirigeant vers Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo et d’autres vers Bunia, souvent à pied ou dans des véhicules bondés.

Cet exode massif illustre la peur grandissante s’étant installée dans la région. Malgré le déploiement renforcé des forces combinées FARDC (Forces Armées de la RDC) et UPDF (Forces des défenses ougandaises), les populations restent profondément affectées par l’insécurité persistante.

Les conséquences sur le quotidien sont immédiates et sévères : les marchés restent fermés, les commerces désertés, les pharmacies ainsi que les lieux de culte ont interrompu leurs activités. Les agriculteurs n’osent plus se rendre dans leurs champs, compromettant ainsi la sécurité alimentaire locale.

Komanda fait face à une situation humanitaire critique, où la peur et l’incertitude poussent ses habitants à chercher refuge ailleurs. La communauté internationale ainsi que les autorités congolaises sont appelées à redoubler d’efforts pour rétablir la paix et assurer la protection de ces populations vulnérables.

Crise inédite des déplacés à Bunia : un afflux massif

Alors que la région peine à se remettre d’une attaque meurtrière, plus de 20 000 personnes déplacées en provenance du territoire de Djugu, au nord, se sont rassemblées depuis plusieurs jours dans des campements précaires à Bunia et dans ses environs. C’est ce qu’a indiqué l’Association des déplacés et victimes des conflits de l’Ituri lors d’une conférence de presse jeudi dernier. Ce mouvement important est également lié à l’aggravation de l’insécurité à Djugu, où les FARDC mènent des opérations militaires soutenues contre les groupes armés présents.

Ces déplacés, originaires notamment des centres de négoces de Nizi, Lopa et la localité de centrale solenyama, arrivent dans une situation alarmante :

  • Les sites d’hébergement sont saturés
  • Les abris se dégradent rapidement
  • Les sanitaires sont bouchés
  • L’accès aux soins médicaux et à la nourriture demeure extrêmement limité
  • Les demandes d’assistance se multiplient.

« Les nouveaux arrivants errent sans toit. Beaucoup dorment en pleine brousse par manque d’espace et par crainte d’attaques », alerte Olivier Karba, porte-parole de l’association.

D’après la mairie de Bunia, plus de 2 400 déplacés ont été hébergés chez des familles locales elles-mêmes en grande précarité. Le risque d’épidémies, conjugué à la mortalité liée au déficit en eau potable et en alimentation, pousse les autorités locales ainsi que les acteurs humanitaires à lancer un appel pressant au gouvernement et aux partenaires internationaux.

« Sans une réponse rapide, la situation pourrait dégénérer en une catastrophe humanitaire majeure », avertit M. Karba.

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