La milice Tchini ya Tuna impose la terreur à Walese Vonkutu : restrictions arbitraires et exactions sur les civils

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La chefferie de Walese Vonkutu, située en territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, fait face à une grave dégradation sécuritaire. Selon un rapport transmis à iturikwetu.net par des activistes locaux des droits humains, la milice Tchini ya Tuna y impose une véritable loi de la terreur.
Les victimes sont en majorité des populations déplacées qui, tout récemment, ont tenté de revenir vivre dans leurs villages. Malheureusement, leur retour a été marqué par des actes de torture, de restrictions arbitraires et de sévices corporels infligés par les éléments de cette milice.
À Mambedy et Balingina, deux villages de la chefferie, des interdits choquants ont été imposés : il est interdit d’aller cultiver les champs le mardi, et la consommation des légumes est prohibée chaque vendredi.
« Ceux qui osent braver ces ordres sont brutalement sanctionnés. Ils sont frappés, ligotés, certains finissent avec des os brisés », alerte Augustin Kasereka, un activiste des droits humains œuvrant dans la zone.
Ces pratiques, sans fondement légal ni logique, exacerbent une situation humanitaire déjà critique, et mettent en péril la sécurité alimentaire des familles, qui dépendent essentiellement de l’agriculture de subsistance.
Pour M. Kasereka, le temps du silence est révolu. L’Etat congolais doit imposer à ces miliciens le respect de leur acte d’engagement de cessation des hostilités qu’ils ont récemment signé lors du dialogue d’Aru 2 avec d’autres groupes armés, pour le retour de la paix.
« Il est urgent que les autorités sortent de leur inertie. L’accord de Aru 2 pour la cessation des hostilités doit être appliqué sans délai. Cette milice doit répondre de ses actes ignobles.», a-t-il déclaré.
Il lance également un cri d’alerte pour une évaluation humanitaire rapide afin d’identifier les besoins véritables des populations meurtries et leur apporter une assistance adaptée.
« Les autorités locales et la communauté internationale doivent se lever et agir sans délai », exhorte-t-il.
Rappelons que Tchini ya Tuna fait partie des six groupes armés signataires de l’accord d’Aru 2, un processus soutenu par le gouvernement provincial et la MONUSCO. Pourtant, ces violences perdurent, défiant toute logique et humanité.
Cette situation expose crûment la fragilité extrême de la paix en Ituri. Comment espérer protéger les populations quand ceux qui ont promis la paix sèment encore la peur et la souffrance ?
